Délicat de s'attaquer à un mythe fondateur. Que ce soit en roman ou en bande dessinée, on se demande forcément quel degré de cohérence on se doit de respecter, quels détours on peut faire, quelles libertés prendre : par quel angle approcher une légende qui s'inscrit à la fois dans l'Histoire et le surnaturel, le récit et la geste, le réel et le divin. On se demande aussi ce qu'on peut apporter de nouveau, de pertinent, d'utile pour l'oiseau au travail accompli par ses prédécesseurs, surtout lorsqu'il s'agit de Robert Silverberg ou de Jean Bottéro, sans parler des nombreux historiens qui consacrent leur vie au sujet.

L'épopée de Gilgamesh est aujourd'hui considérée comme la première épopée de l'histoire de l'humanité. Apparue à l'ère sumérienne, vers -2600, elle s'est d'abord transmise de pays en pays comme une légende orale, avant d'être gravée sur des tablettes d'argile à la demande d'un roi, en vue d'être conservée dans la grande bibliothèque de Nivine. Il en existe donc un grand nombre de versions et de retranscriptions, légèrement différentes en fonction du pays et de la langue, mais les textes se recoupent et d'importantes études ont permis de démontrer que le roi Gilgamesh a vraiment existé. La grande cité d'Uruk sur laquelle il régnait, située à l'embouchure du Tigre et de l'Euphrate, donnerait d'ailleurs son nom à l'actuelle région de l'Irak, dont elle est le berceau. Selon de récentes études, l'épopée de ce roi à la vie mouvementée a aussi inspiré les 12 travaux d'Hercule, écrits 1000 ans plus tard, et de nombreux récits dans lequel il apparaît comme une évocation. Un mythe, donc. Du très lourd.

Gilgamesh, c'est tout ça, mais c'est aussi le destin d'un homme seul face aux dieux. La vie d'un roi barbare, un tyran accablé de solitude à qui la mort enlève son unique compagnon et qui brave l'interdit pour trouver le secret de l'immortalité. Des dieux, des sortilèges, des démons, des Enfers : une tragédie épique qu'on a choisie de saisir avec Alain Brion du point de vue légendaire, mythique, mythologique, avec des dieux qui parlent, des combats fracassants, des cités titanesques et de grandes étendues. On ne prétend rien apprendre qu'on ne sache déjà, on prend juste du plaisir à plonger brutalement dans le récit, en fans de Frazetta et de Conan qui se respectent. Approcher la légende telle qu'elle aurait pu être. Ou peut-être, qui sait, telle qu'on se la racontait ?

Les textes des tablettes décrivent surtout la vie de Gilgamesh adulte, mais ils sont complétés par une série d'annexes et de récits isolés qui permettent de dresser un portrait plus précis de son enfance. Trop jeune pour succéder et monter sur le trône à la mort de son père, le roi Lugalbanda, Gilgamesh se résigne à voir Uruk tomber aux mains de Dumuzi. Redoutant un complet pour faire tuer l'héritier, sa mère le fait s'enfuir la nuit des funérailles et l'envoie chez Agga, souverain de la cité de Kish, qui le recueille et l'élève comme son fils plusieurs années durant. Devenu un guerrier puissant et renommé, Gilgamesh quitte Agga et retourne à Uruk pour réclamer son trône...



Mercredi 21 janvier 2009
- Par Julien Blondel - Publié dans : . BD .
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Paris, jeudi dernier : une trentaine d'auteurs illustrateurs jeunesse investissent les locaux des éditions Vilo pour réclamer leurs droits. Une action inédite, entamée à l'appel de la Charte, et qui révèle un peu du parcours quotidien des auteurs et de la difficulté d'obtenir ses relevés, d'être payé dans les temps, d'avoir accès aux chiffres et d'être tout simplement traité de façon professionnelle. Une réalité d'autant plus affligeante que ce qui vaut pour le livre jeunesse vaut aussi, loin s'en faut, pour la presse, le jeu de rôles, la bande dessinée et le milieu de l'édition d'une manière générale. Oui madame.

Des auteurs qui s'unissent pour agir, c'est suffisamment rare pour être souligné dans une profession où l'on est souvent seul, que ce soit dans le travail en lui-même ou dans les recours concrets pour faire valoir ses droits. Des syndicats existent, collectifs, associations, ligues, chartes, regroupements cherchant à établir ou à faire respecter des lois et des usages, mais le statut de l'auteur est encore loin, très loin de celui du salarié en matière de traitement et de considération. On dit bravo très fort.


Lundi 19 janvier 2009
- Par Julien Blondel - Publié dans : . NEWS .
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Je profite d'une accalmie dans les tests intensifs sur Wakfu TCG pour donner des nouvelles des Orphelins de la Tour et montrer quelques pages noir et blanc du tome 2, qu'on peaufine actuellement avec Thomas Allart. Un tome 2 qui se sera fait attendre (bouclage prévu en mars, sortie à confirmer entre mai et juillet, soit un peu moins de deux ans après le tome 1 paru en septembre 2007), mais qui marquera la fin des cauchemars de Théo à la recherche de sa tour invisible dans les rues de New York. C'est toujours très troublant  d'écrire les dernières  lignes, même sur une série courte. A la fois apaisant et stressant, touchant, jubilatoire, et crève coeur en même temps. Ce petit goût de "post scriptum, auteur triste" qui vous éloigne de lieux, d'ambiances, de personnages devenus familiers à force d'exister, et qu'on doit se résoudre à quitter au moment où ils nous touchent vraiment... Une petite page qui se tourne, mais d'autres arrivent très vite. Je découvre en ce moment les premières planches couleurs, la couverture finale ne devrait plus tarder, et pour les plus gourmands, l'atelier de Thomas sur le Café Salé est toujours bien garni.















Samedi 17 janvier 2009
- Par Julien Blondel - Publié dans : . BD .
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Rien de tel pour démarrer cette année 2009 qu'une mauvaise nouvelle : il n'y aura sans doute pas de troisième tome pour Nova. En tous cas, pas tout de suite, et pas avec Soleil, qui préfère interrompre la série en raison d'un accueil trop timide sur les deux premiers tomes. Une logique commerciale qui se respecte sur le fond - l'heure n'est pas au débat dans un marché devenu vraiment impitoyable - mais qui nous laisse tout de même très déçus par la forme et le fait de ne pas achever ce qu'on avait commencé, surtout qu'on y prenait énormément de plaisir... C'est d'autant plus rageant qu'on avait de l'énergie à revendre et de belles choses à montrer dans ce tome de conclusion, et que les premières planches remontaient encore d'un cran le niveau de qualité que Jaouen s'était déjà fixé sur les pages du tome 2.

En attendant que les dieux nous permettent de conclure et d'offrir une vraie fin à l'histoire de Kina, Eydo et Papak, quelques pages de ce qu'on aurait voulu être un bien bel album, et dont on reste très fiers. Klng !



Mercredi 7 janvier 2009
- Par Julien Blondel - Publié dans : . BD .
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